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  • Solene Ducretot

Mr Mondialisation – “L’écologie rajoute une charge mentale, l’écoféminisme vient y mettre fin”

Solène Ducretot, co-fondatrice du collectif Les Engraineuses, est également directrice d’ouvrage du livre Après la pluie – Horizons écoféministes, co-écrit par plus d’une soixantaine d’intervenant.e.s. Tout.e.s y témoignent de la diversité des pratiques écoféministes qui sont autant de moyens d’action, élaborés à partir des réflexions, des grilles d’analyse et des expériences de vie, pour agir ensemble et changer notre rapport au monde. C’est à l’occasion de la sortie de leur ouvrage que Mr Mondialisation a souhaité échanger avec Solène, autrice engagée.



EXTRAIT DE L’INTERVIEW

« M. : Est-il possible d’aboutir à une société respectueuse à la fois des femmes, et de la planète ? Si oui, comment s’y prendre concrètement ?


S.D. : Oui. Ce qui est intéressant avec l’écoféminisme, c’est que ça va plus loin que de combiner simplement écologie et féminisme. Faire le lien entre l’exploitation des femmes et celle de la planète, c’est une porte d’entrée pour aller ensuite déconstruire tous les autres schémas d’oppression (racisme, lutte des classes, etc).


Un des exemples les plus connus est celui de Vandana Shiva, qui a monté un centre en Inde pour aider les petits paysans d’une région à faire face à l’arrivée de Monsanto. Ils avaient dû payer très cher des graines qui ne sont pas resemables d’une année sur l’autre, ce qui les a fait tomber en extrême pauvreté. Vandana a mobilisé les femmes de cette région, leur a appris à cultiver et à garder les semences endémiques pour ensuite les redistribuer aux petits paysans. Résultat ? Cela a redonné une place aux femmes dans la société indienne de cette région, leur a permis d’avoir des revenus supplémentaires pour leurs familles et, d’un point de vue écologique, de contrer Monsanto !


Un autre exemple que j’aime citer est celui de Wangari Maathai, au Kenya. Elle s’est rendue compte que le président de l’époque vendait les forêts de sa région à des industriels qui coupaient tout à blanc. Ce qui entraînait des sécheresses, des glissements de terrain … jusqu’à ce que les champs soient incultivables, les familles dans la misère et que les hommes doivent quitter la campagne pour chercher un travail en ville. Wangari a alors mobilisé les femmes restées seules, en proie aux mercenaires, à s’enchaîner aux arbres pour lutter. Elles ont réussi à se faire entendre des médias et ONGs internationales, et ont alors obtenu des subventions pour lancer une campagne de reforestation dans cette région-là. Les rivières se sont remises à couler naturellement, les champs ont pu être cultivés de nouveau et les hommes ont pu revenir travailler à la campagne. » - Article rédigé par Camille Bouko-levy.


Retrouvez l’interview complète sur Mr Mondialisation.







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